Alimentation : comment nourrir la future population mondiale ?

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Alimentation : comment nourrir la future population mondiale ?

Message par Kiusk le Ven 15 Sep - 8:02

D’ici 2050, la terre devrait abriter plus de 9 milliards d’habitants. La terre pourra t-elle les nourrir ? Alors que la démographie ne cesse d’augmenter, cette question taraude tant les scientifiques que les économistes et hommes politiques. Selon l’ONU, nous devrons presque doubler notre production alimentaire, adopter de nouvelles technologies et éviter le gaspillage. Malgré tout, la tâche semble malaisée : un milliard de personnes souffrent déjà de faim chronique, il reste peu de terres vierges à découvrir, les océans sont déjà surexploités, la planète fait face à une pénurie croissante d’eau et le changement climatique rendra l’agriculture plus difficile.

Problématique actuelle : un humain sur deux souffre de malnutrition.

Avant même d’aborder la question du futur, regardons la situation actuelle de l’alimentation dans le monde. Le bilan est plutôt désastreux.
Environ 1 milliard de personnes sont en sous-nutrition calorique. A cela s’ajoute 1 milliard d’êtres humains en carence d’oligoéléments (vitamines, certains métaux, etc.) Par ailleurs on recense approximativement 1.5 milliard d’individus en surpoids, ce qui entraîne des pathologies (obésité, maladies cardiovasculaires, certains cancers et diabète)
Le calcul est vite fait : 3.5 milliards de personnes souffrent de malnutrition sur la planète, soit près d’un habitant sur deux.
La production alimentaire actuelle pourrait suffire  à nourrir toute la population, si elle était mieux gérée. Si de nombreuses personnes souffrent de la faim aux quatre coins du monde, il ne s’agit pas d’un problème de pénurie alimentaire  proprement dit. D’énormes quantités de denrées alimentaires sont utilisées pour nourrir des élevages ou produire des agro carburants. Elles pourrissent lors de leur stockage ou sont jetées. En effet un tiers des aliments produits est jeté. Cinquante-sept pour cent de la nourriture ne sont pas consommés.
Le problème est donc l’accès à la nourriture et le gaspillage. Le second problème réside dans les habitudes de consommation.
Un végétarien consomme environ 200kg de céréales par an et un carnivore en consomme l’équivalent de 800kg (en comptant toutes les céréales qui ont nourri les animaux). Les régimes riches en viande requièrent d’importantes ressources. De grandes quantités de céréales et de terres sont réservées à l’élevage plutôt qu’aux cultures alimentaires. Or lorsque les populations s’enrichissent, elles ont tendance à manger plus de viande. Ainsi la Chine utilise de plus en plus de céréales et de soja pour l’élevage afin de répondre à la demande croissante de viande et de produits laitiers. Bien sûr, la population pourrait simplement manger moins de viande.
Pour atteindre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, les Britanniques devraient consommer deux fois plus de légumes et nettement moins de viande actuellement. L’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique à deux degrés est si difficile à atteindre qu’il est impossible d’y parvenir en se contentant de pousser la population dans la bonne direction.
Il faudrait mettre en place tout un ensemble de politiques, de réglementations et de normes, régissant toute la chaîne alimentaire, de la production à la consommation.
Il serait possible, en théorie, de persuader toute la population de devenir végétarienne, d’éliminer les pertes alimentaires et le gaspillage ou de redistribuer la nourriture.
Cependant, chacune de ces options se heurte à des obstacles de taille.
D’autre part si les productions étaient également réparties entre tous les habitants, aujourd’hui, la planète aurait assez de ressources pour tous les nourrir. Le problème de la faim est donc plus un problème de pauvreté et de répartition que de déficit de la production elle-même. En effet si la production mondiale était également répartie, chaque être humain disposerait de 2800 calories par personne et par jour, soit plus largement que ses besoins.


Nourrir 9 milliards d’humains : Le défi de demain

Une nouvelle problématique se pose. Pour que tout le monde puisse manger en 2050, il faudra doubler la production agricole mondiale, voire la tripler en Afrique. Mais face à de nouvelles contraintes, les solutions qui ont permis d’augmenter la productivité de l’agriculture au XXème siècle montrent actuellement leurs limites.
Nous serons  9 milliards en 2050 selon les démographes. La population mondiale est en constante augmentation : il y a 80 millions de naissances par an et le taux de natalité est d’autant plus élevé dans les pays les plus pauvres. L’espérance de vie augmente notamment dans ces pays car le taux de mortalité infantile diminue.
Or il y a de moins en moins de terres cultivables. Aujourd’hui 12% des terres émergées sont cultivées (57% en Inde, 35% en France, 7% en Russie et 3% en Egypte)
Le réchauffement planétaire actuel provoque des changements climatiques dont les conséquences se font déjà ressentir. Certaines régions connaissent une sécheresse qui rend la terre difficilement cultivable et les déserts s’étendent de façon irréversible.
L’urbanisation croissante participe également à la diminution des terres cultivables. En 2008, la moitié de la population habitait en ville et cette proportion va continuer, notamment dans les pays en développement.
Par ailleurs le système de production montre aujourd’hui ses limites. L’agriculture productiviste est apparue dans la seconde moitié du XXe siècle, aux Etats-Unis, puis s’est étendue aux pays du Nord. L’objectif était d’augmenter la productivité et les rendements grâce à la mécanisation de l’agriculture, à l’usage de pesticides et d’engrais et à la sélection végétale (utilisation d’OGM). Les impacts que ce système de production génère sur l’environnement et sur la santé humaine sont de plus  en plus pris en compte par les décideurs et les consommateurs.
Le défi de demain a donc plusieurs dimensions : il faut produire plus pour nourrir plus de bouches en assurant pour tous un régime alimentaire équilibré et en respectant davantage l’environnement.
Cela passe par une agriculture qui consomme moins d’énergie, moins d’eau, et préservant l’eau et la qualité des sols.

Des solutions pour le futur

Quelles solutions sont envisagées pour les quarante années qui viennent ? Voici un tour d’horizon de la nourriture que nous pourrions trouver dans nos assiettes en 2050.

En 1) comment libérer d’énormes quantités de terres agricoles pour produire davantage de nourriture ? La réponse passe d’abord par des fermes d'algues. Ces organismes unicellulaires simples peuvent en effet se développer très rapidement et en grande quantité à la fois en mer mais aussi dans des eaux polluées ou dans des endroits dans lesquels ne survivrait aucune culture classique. Les algues peuvent être utilisées pour l’alimentation humaine-ceci est très courant au Japon et en Chine-, pour l’alimentation animale, comme engrais ou surtout comme biocarburant. Selon les scientifiques les algues peuvent produire 15 à 30 fois plus d’huile que le maïs et le soja. Elles permettraient donc d’économiser des millions d’hectares de terres et des milliards de litres d’eau d’irrigation qui seraient destinés à l’alimentation humaine et non plus à faire rouler nos voitures.
2) Les insectes sont probablement aussi une solution. Criquets, sauterelles, araignées, guêpes, vers, fourmis ne sont pas encore rentrés dans les menus européens ou américains, mais près de 1400 de ces espèces sont consommées à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie. Avec la hausse des prix alimentaires et la pénurie de terre dans le monde entier, il ne s’agit peut-être que d’une question de temps avant que les fermes d’insectes essaiment en Europe. Car les insectes sont non seulement bons pour la santé-riches en protéines, en calcium et en fer et faibles en graisses- mais aussi ils requièrent peu d’espace.  On peut rajouter que les petites bêtes émettent nettement moins de gaz à effet de serre que les grosses.
Pour les occidentaux, une équipe de chercheurs hollandais travaille à la constitution de plats réalisés à partir de protéines d’insectes mais sans en prendre la forme. L’Union européenne a par ailleurs débloquer un financement de 3 millions d’euros en 2012 pour promouvoir l’utilisation d’insectes, et a demandé aux agences de sécurité alimentaires d’enquêter sur leur potentiel nourrissant.
3) La viande artificielle. Elle ressemblerait à de la viande, sentirait comme de la viande et serait de la viande, sans toutefois provenir d’un animal vivant. La viande artificielle, qui fait l’objet de recherche depuis une dizaine d’années, pourrait être issue du développement en laboratoire de cellules souches de poulet, bœuf ou porc, comme on le fait déjà pour fabriquer de la bière ou des yaourts. La viande in vitro réduirait de 96% les émissions de gaz à effet de serre entrainées par l’élevage. Sa production diminuerait par ailleurs entre 7 et 45% moins d’énergie que celle de la viande produite de manière conventionnelle. Enfin, la viande en boîte n’aurait besoin que de 1% des terres et de 4% de l’eau actuellement dévolues au bétail. Car aujourd’hui, 70% des terres agricoles sont consacrées à l’élevage du bétail et à la culture de sa nourriture. Or la consommation de viande ne cesse d’augmenter.
Au-delà de ces nouveaux aliments, les pays vont surtout devoir adopter un meilleur équilibre entre protéines animales et végétales. Légumes secs, céréales, lentilles devraient donc prendre plus de place dans notre assiette.

La conclusion générale est qu’il n’existe pas de remède miracle, de solution unique au problème de l’alimentation dans le monde. Il faudra au contraire mettre en pratique différentes idées, traditionnelles pour certaines, plus futuristes pour d’autres. Il faudra également conduire des recherches, diffuser les connaissances et développer les chaines d’approvisionnement et les organes de financement pour permettre à tous les agriculteurs d’avoir une activité productive et respectueuse de l’environnement.

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